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| Les rondeurs des femmes
seraient-elles incompatibles avec le ballon rond ?. Ce que certains pensent
tout bas, se vérifie sur les terrains, ou plutôt sur la touche.
Car, obtenir un bon terrain pour les matches féminins s’avère
en général assez difficile. Les raisons invoquées
ne relèvent jamais de la raison mais d’esprits arriérés
qui continuent de penser que le football n’est pas un jeu de fillette.
On préférerait les voir faire de la danse ou du cheval, disciplines
de prédilection pour les filles, ou plutôt pour leur corps
dont la féminité ne souffre pas le port d’un short ou la
brutalité du foot. Cependant les compétitions féminines
de football existent depuis les années 20, dans la discrétion
la plus totale. Elles sont près de trente mille en France à
pratiquer ce sport collectif auquel on attribue toutes les vertus éducatives...
quand il s’agit des compétitions masculines.
Quand elles atteignent un niveau national ou régional, ce qui est le cas de l’équipe féminine du Plessis-Robinson, la question du budget se pose cruellement. Au Plessis, il a été vite fait : suppression pure et simple des finances. On a l’équipe masculine à nourrir. L’équipe de France féminine est toujours, elle aussi, à la recherche de moyens et de bonne pelouse pour jouer ses matches de Coupe d’Europe. Tout laisse penser que celle du Stade de France ne sera jamais disponible pour elles. En revanche, pour remplir les gradins du Stade de France, la direction et quelques sponsors ont mis sur pied une opération « femmes » à l’occasion du match France-Andorre, histoire de leur donner un petit supplément de frisson ambiance Coupe du Monde. Beaucoup ont répondu à l’offre du tarif spécial femmes (50 F). Parquées dans une tribune, elles ont pu apprécier de visu les jambes de Zizou, les cavales de Manu, le dynamisme de Trézeguet ou la spontanéité de Thuram. Les joueuses de l’équipe de France avaient été conviées... pour faire l’animation de cette tribune. Pas un esprit sportif n’aurait imaginé un match féminin en ouverture. Quelques unes ont sauvé leurs consoeurs du ridicule. Les sponsors avaient prévu des jeux où il est à parier que les participantes auraient été en échec footballistique. Ces effets-là
sont significatifs. Il n’est qu’à voir et surtout entendre les commentaires
de certains commentateurs pour comprendre qu’il sera encore difficile d’infléchir
les mentalités. En les intégrant dans le monde du football
autrement qu’en charmantes épouses, en indispensables spectatrices,
ou éventuellement animatrices, le mot pluriel qu’on entend si souvent,
prendrait alors un sens réellement universel. En tout cas, un peu
moins macho.
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