| Les joueuses
refusent d’être mises hors-jeu par les clubs de foot.
Nicole Abar,
entraîneuse des équipes féminines du football club
du Plessis-Robinson (FCPR), est la brebis qui sème la zizanie dans
le troupeau. Elle a refusé de se soumettre aux diktats des dirigeants
du club, qui ont exclu les joueuses des compétitions. A Bagneux,
où elles ont retrouvé un terrain d’entente et d’accueil,
Nicole Abar a créé l’association « Liberté Aux
Joueuses ». Elle poursuit son combat pour faire reconnaître
les discriminations sexistes qui mettent les joueuses sur la touche.
De sa mère
italienne et de son père algérien, Nicole Abar a hérité
d’un tempérament. De Toulouse où elle a grandi, elle a hérité
l’accent. A partir de là, elle s’est forgée un certain sens
éthique et une sacrée volonté pour combattre les injustices
et revendiquer ses droits. « Le foot, c’est un lieu où je
n’ai jamais entendu que j’avais les cheveux frisés et que j’était
arabe ». dit-elle. A six ans, au pied d’une cité de banlieue
plantée au bord d’un gazon, elle entend « hé petit,
viens jouer ! ». Le « petit » se révèle
« une petite » et la plus douée des gamins pour courir
et taper dans le ballon rond. « A l’école, dans les années
60, les seuls arabes pointés du doigt, c’était mes frères
et mes soeurs. Je n’avais qu’une envie : raser les murs et me faire oublier
». Au foot, la petite fille renfermée est acceptée
et valorisée. « Tout d’un coup, j’étais au centre du
terrain, et les regards qui se portaient sur moi étaient hypervalorisants.
Le sport m’a apporté le respect de moi et des autres ». A
17 ans, elle intègre l’équipe de France, quitte Toulouse
pour Reims, et s’entraîne au plus haut niveau. Avec une bourse, elle
« crève souvent la faim », accumule les petite boulots,
et fait une croix sur les études supérieures. « Pour
les femmes encore plus que pour les hommes, rien n’est donné ».
Elle se cramponne sur le terrain et se construit un avenir professionnel
à la force du poignet. De remplacements en concours internes, elle
gravit les échelons à France Télécom où
elle est chef de projet. |