Le Parisien
Avril 98
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"Nicole Abar part en guerre"
 
L’entraîneur des féminines du Plessis contre la discrimination
 

« Liberté Aux Joueuses » (L.A.J. phonétiquement « elle agit »). La simple appellation de l’association créée par Nicole Abar « pour lutter contre la discrimination dont est victime le sport féminin » en dit long sur ses intentions de « mettre les pieds dans le plat ». L’entraîneur du Plessis-Robinson (DH) s’est engouffrée avec un moral d’acier dans ce combat de longue haleine contre des forteresses en apparence indestructibles. Un costume d’empêcheuse de tourner en rond que l’ancienne internationale a pourtant endossé contrainte et forcée. 

A l’origine de son engagement, le conflit qui l’oppose depuis trois ans à son club. « Habituellement, je n’ai pas l’habitude d’être revendicatrice, confie-t-elle. Je suis plutôt une bâtisseuse mais notre situation devient invivable. Au Plessis, il y avait tout pour réussir, mais on n’a le droit à rien. On nous empêche de construire une ambition sportive. » 
Forte de ces tristes conclusions, Nicole Abar se dit prête à pousser très loin son action. « J’ai accumulé assez d’écrits pour aller jusqu’aux tribunaux. Pourtant, j’aimerais que notre conflit avec le comité directeur du club s’apaise. Qu’on nous permette de créer une section autonome. » 
Ce combat pour la réhabilitation de la section féminine du Plessis a donc conduit Nicole Abar vers un chantier encore plus vaste à défricher : le lancement d’un mouvement de défense de toutes les sportives. Et après à peine un trimestre d’existence, les premiers retours sont déjà encourageants. 
Des lettres d’information destinées aux clubs continuent à partir et un site Internet vient d’être lancé. De plus, l’action de Nicole Abar semble bénéficier d’une écoute attentive du côté du ministère des Sports et de Marie-Georges Buffet, ancienne conseillère municipale au Plessis. 
« Même si l’on ressent une forme de soumission chez certaines femmes qui n’osent pas encore s’engager, conclut Nicole Abar, le mouvement que nous avons lancé se présente sous les meilleurs augures. Les choses seront longues à bouger mais on y croit. »

 
 
Le club refuse la polémique
 
Terriblement préoccupé par la gangrène de la violence qui s’immisce depuis quelques temps dans ses équipes de jeunes, Christian Poirot, le président du Plessis refuse de polémiquer avec Nicole Abar. 
« En ce moment, nous avons d’autres priorités au club que ce conflit avec la section féminine. Mais il est faux d’affirmer que je me désintéresse d’elles. Je répète seulement que nous ne pouvons pas monter en 1B car une accession nous coûterait plus de 80 000 francs. Nous n’en avons pas les moyens. Si Nicole Abar espère monter une section indépendante, je peux vous dire que la municipalité refusera la scission. De plus, toutes les démarches qu’elle a tentées avec d’autres villes du département ont échoué. »