L’entraîneur des féminines du Plessis contre la
discrimination
« Liberté Aux Joueuses » (L.A.J. phonétiquement
« elle agit »). La simple appellation de l’association créée
par Nicole Abar « pour lutter contre la discrimination dont est victime
le sport féminin » en dit long sur ses intentions de «
mettre les pieds dans le plat ». L’entraîneur du Plessis-Robinson
(DH) s’est engouffrée avec un moral d’acier dans ce combat de longue
haleine contre des forteresses en apparence indestructibles. Un costume
d’empêcheuse de tourner en rond que l’ancienne internationale a pourtant
endossé contrainte et forcée.
A l’origine de son engagement, le conflit qui l’oppose depuis trois
ans à son club. « Habituellement, je n’ai pas l’habitude d’être
revendicatrice, confie-t-elle. Je suis plutôt une bâtisseuse
mais notre situation devient invivable. Au Plessis, il y avait tout pour
réussir, mais on n’a le droit à rien. On nous empêche
de construire une ambition sportive. »
Forte de ces tristes conclusions, Nicole Abar se dit prête à
pousser très loin son action. « J’ai accumulé assez
d’écrits pour aller jusqu’aux tribunaux. Pourtant, j’aimerais que
notre conflit avec le comité directeur du club s’apaise. Qu’on nous
permette de créer une section autonome. »
Ce combat pour la réhabilitation de la section féminine
du Plessis a donc conduit Nicole Abar vers un chantier encore plus vaste
à défricher : le lancement d’un mouvement de défense
de toutes les sportives. Et après à peine un trimestre d’existence,
les premiers retours sont déjà encourageants.
Des lettres d’information destinées aux clubs continuent à
partir et un site Internet vient d’être lancé. De plus, l’action
de Nicole Abar semble bénéficier d’une écoute attentive
du côté du ministère des Sports et de Marie-Georges
Buffet, ancienne conseillère municipale au Plessis.
« Même si l’on ressent une forme de soumission chez certaines
femmes qui n’osent pas encore s’engager, conclut Nicole Abar, le mouvement
que nous avons lancé se présente sous les meilleurs augures.
Les choses seront longues à bouger mais on y croit. »