Thérèse Jauffret
Deux Dépêches de l'AFP à la suite de l'intervention
de Nicole Abar au Conseil de l'Europe sur invitation conjointe du Conseil
de l'Europe et du British Council
1ère dépêche : "La bataille des femmes pour avoir
le droit de toucher au ballon rond"
2ème dépêche : "Nicole Abar plaide pour le football
féminin"
"La bataille des femmes pour avoir le droit de toucher au ballon
rond"
STRASBOURG, 23 novembre, (AFP) - Le ballon rond n'est pas un gadget
exclusivement masculin ; des milliers de femmes en Europe, notamment en
France, réclament leur part au jeu, suivant la trace de leurs consoeurs
américaines, selon une conférence européenne à
Strasbourg.
Selon Marie-George Buffet, ministre française de la Jeunesse
et des Sports, "le retard est considérable" dans le domaine de la
féminisation des pratiques sportives et l'accès des femmes
aux responsabilités du mouvement sportif. Ce sera l'un des thèmes
du conseil européen des ministres des sports de l’ Union Européenne
en juin 2000, a-t-elle dit.
La ministre, qui s'exprimait devant quelque 300 dirigeants de fédérations
sportives et internationales, réunis lundi et mardi au Conseil de
l'Europe pour une conférence "sur les dimensions sociales du football",
a aussi annoncé la présentation d'un projet de loi au début
de l'an 2000, devant le parlement français, qui obligera les associations
sportives à recruter des femmes dans les organismes de direction,
une des conditions pour obtenir l'agrément ministériel.
L'un des handicaps majeurs du sport féminin est son "manque
de visibilité", aussi bien en France qu'en Europe, a déclaré
Nicole ABAR, présidente de l'association de défense des droits
des femmes dans le sport, "Liberté aux Joueuses" (LAJ). "Nous n'avons
aucun chiffre sur le nombre des femmes qui pratiquent un sport", a-t-elle
regretté.
Selon Natalina Cesaro Levati, de la Division du Football féminin
(ITALIE), la raison essentielle qui fait abandonner aux jeunes joueuses
la pratique de ce sport, est que les infrastructures de proximité
font défaut.
"on dit que les femmes n'aiment pas jouer au football, mais c'est faux,
elles ne peuvent pas, les clubs n'en veulent pas", a expliqué Nicole
ABAR.
Cette femme, ancienne internationale reconvertie dans l'encadrement
technique, a intenté un procès à un club du Plessis-Robinson
(banlieue parisienne) pour "discrimination sexiste". Ce club avait évincé
en 1998 l'ensemble de ses licenciées féminines, affirmant
qu'il ne pouvait en assumer les frais.
Mme ABAR a perdu la procédure civile, mais la procédure
pénale est en cours.
Au Conseil de l'Europe, elle a décrit : comme un « formidable
exemple » à suivre l'évolution du football féminin
américain, né à partir de 1972 à la faveur
d'une loi sur l'égalité des chances dans le sport. "Le nombre
des licenciées est passé de 50.000 en 1986 à 7 millions
en 1999 » et la coupe du monde féminine a été
un succès, a-t-elle souligné.
Une évolution qui n'a pas échappé aux dirigeants
du football en France qui "envisagent" d'organiser cette Coupe en 2007
en France.
Nicole ABAR estime "fondamental d'imposer la mixité chez les
petits et la création d'une équipe féminine adulte
dans tous les clubs masculins".
Elle souhaite aussi la révision du financement des compétitions
internationales, la création d'une Coupe de France, la professionnalisation
des joueuses et une loi qui affirme l'égalité des chances
des deux sexes dans le domaine du sport.
La France compte 32.000 footballeuses licenciées sur un total
de 2 millions de licenciés.
"Nicole ABAR plaide pour le football féminin"
STRASBOURG, 23 novembre (AFP) - La présidente de l'association
de défense des droits des femmes dans le sport, "Liberté
aux joueuses" (LAJ), Nicole ABAR, a proposé mardi à Strasbourg,
une série de mesures pour favoriser la pratique du football et du
sport par les femmes, notamment en France,
Devant quelque 300 dirigeants de fédérations sportives
internationales dont l' Union Européenne de football (UEFA) et la
Fédération internationale (FIFA), qui participent depuis
lundi à une conférence du Conseil de l'Europe sur les "dimensions
sociales du football", Nicole ABAR a dénoncé le fait que,
aujourd'hui en France, "les petites filles et les adolescentes soient exclues
des terrains et des clubs de foot comme d’ailleurs les personnes âgées
et les handicapés".
"Notre culture banalise et légitimise la discrimination sexiste
au quotidien et la place du sport dans notre pays", accuse l'ancienne internationale
reconvertie dans l'encadrement technique, qui a porté plainte pour
discrimination sexiste contre un club du Plessis-Robinson suite à
l'éviction de l'ensemble des licenciées féminines
en 1998.
Mme ABAR estime "fondamental d'imposer la mixité chez les petits
et la création d'une équipe féminine adulte dans tous
les clubs masculins".
Elle souhaite notamment que soit revu le financement des compétitions
internationales, que soit créée une Coupe de France et que
les joueuses se professionnalisent.
La France compte 32.000 footballeuses licenciées sur un total
de 2 millions de licenciés.