AFP
Novembre 1999
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Thérèse Jauffret


Deux Dépêches de l'AFP à la suite de l'intervention de Nicole Abar au Conseil de l'Europe sur invitation conjointe du Conseil de l'Europe et du British Council

1ère dépêche : "La bataille des femmes pour avoir le droit de toucher au ballon rond"
2ème dépêche : "Nicole Abar plaide pour le football féminin"


"La bataille des femmes pour avoir le droit de toucher au ballon rond"

STRASBOURG, 23 novembre,  (AFP) - Le ballon rond n'est pas un gadget exclusivement masculin ; des milliers de femmes en Europe, notamment en France, réclament leur part au jeu, suivant la trace de leurs consoeurs américaines, selon une conférence européenne à Strasbourg.
Selon Marie-George Buffet, ministre française de la Jeunesse et des Sports, "le retard est considérable" dans le domaine de la féminisation des pratiques sportives et l'accès des femmes aux responsabilités du mouvement sportif. Ce sera l'un des thèmes du conseil européen des ministres des sports de l’ Union Européenne en juin 2000, a-t-elle dit.
La ministre, qui s'exprimait devant quelque 300 dirigeants de fédérations sportives et internationales, réunis lundi et mardi au Conseil de l'Europe pour une conférence "sur les dimensions sociales du football", a aussi annoncé la présentation d'un projet de loi au début de l'an 2000, devant le parlement français, qui obligera les associations sportives à recruter des femmes dans les organismes de direction, une des conditions pour obtenir l'agrément ministériel.
L'un des handicaps majeurs du sport féminin est son "manque de visibilité", aussi bien en France qu'en Europe, a déclaré Nicole ABAR, présidente de l'association de défense des droits des femmes dans le sport, "Liberté aux Joueuses" (LAJ). "Nous n'avons aucun chiffre sur le nombre des femmes qui pratiquent un sport", a-t-elle regretté.
Selon Natalina Cesaro Levati, de la Division du Football féminin (ITALIE), la raison essentielle qui fait abandonner aux jeunes joueuses la pratique de ce sport, est que les infrastructures de proximité font défaut.
"on dit que les femmes n'aiment pas jouer au football, mais c'est faux, elles ne peuvent pas, les clubs n'en veulent pas", a expliqué Nicole ABAR.
Cette femme, ancienne internationale reconvertie dans l'encadrement technique, a intenté un procès à un club du Plessis-Robinson (banlieue parisienne) pour "discrimination sexiste". Ce club avait évincé en 1998 l'ensemble de ses licenciées féminines, affirmant qu'il ne pouvait en assumer les frais.
Mme ABAR a perdu la procédure civile, mais la procédure pénale est en cours.
Au Conseil de l'Europe, elle a décrit : comme un « formidable exemple » à suivre l'évolution du football féminin américain, né à partir de 1972 à la faveur d'une loi sur l'égalité des chances dans le sport. "Le nombre des licenciées est passé de 50.000 en 1986 à 7 millions en 1999 » et la coupe du monde féminine a été un succès, a-t-elle souligné.
Une évolution qui n'a pas échappé aux dirigeants du football en France qui "envisagent" d'organiser cette Coupe en 2007 en France.
Nicole ABAR estime "fondamental d'imposer la mixité chez les petits et la création d'une équipe féminine adulte dans tous les clubs masculins".
Elle souhaite aussi la révision du financement des compétitions internationales, la création d'une Coupe de France, la professionnalisation des joueuses et une loi qui affirme l'égalité des chances des deux sexes dans le domaine du sport.
La France compte 32.000 footballeuses licenciées sur un total de 2 millions de licenciés.



"Nicole ABAR plaide pour le football féminin"

STRASBOURG, 23 novembre (AFP) - La présidente de l'association de défense des droits des femmes dans le sport, "Liberté aux joueuses" (LAJ), Nicole ABAR, a proposé mardi à Strasbourg, une série de mesures pour favoriser la pratique du football et du sport par les femmes, notamment en France,
Devant quelque 300 dirigeants de fédérations sportives internationales dont l' Union Européenne de football (UEFA) et la Fédération internationale (FIFA), qui participent depuis lundi à une conférence du Conseil de l'Europe sur les "dimensions sociales du football", Nicole ABAR a dénoncé le fait que, aujourd'hui en France, "les petites filles et les adolescentes soient exclues des terrains et des clubs de foot comme d’ailleurs les personnes âgées et les handicapés".
"Notre culture banalise et légitimise la discrimination sexiste au quotidien et la place du sport dans notre pays", accuse l'ancienne internationale reconvertie dans l'encadrement technique, qui a porté plainte pour discrimination sexiste contre un club du Plessis-Robinson suite à l'éviction de l'ensemble des licenciées féminines en 1998.
Mme ABAR estime "fondamental d'imposer la mixité chez les petits et la création d'une équipe féminine adulte dans tous les clubs masculins".
Elle souhaite notamment que soit revu le financement des compétitions internationales, que soit créée une Coupe de France et que les joueuses se professionnalisent.
La France compte 32.000 footballeuses licenciées sur un total de 2 millions de licenciés.

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