Michael Balcaen
"A quand le bout du tunnel"
En France, le football féminin manque de soutien. Ce n'est pas
nouveau. Les raisons avancées restent non-fondées. Les footballeuses
espèrent que l'engouement suscité par la Coupe du Monde féminine
aux Etats-Unis ait des répercussions dans l’hexagone.
« Vous n'êtes pas l'objectif du club. Point. » Voilà
ce que le comité directeur du club du Plessis Robinson a répondu
à Nicole Abar, alors en charge de la section féminine et
qui, depuis, a crée L.A.J. (Liberté aux joueuses). -Nicole
Abar est toujours déterminée à défendre le
sport féminin en général, le football en particulier.
Le football féminin reste aujourd'hui encore déconsidéré.
Les clubs pensent trop souvent que l'équipe masculine est la vitrine
du club - quels que soient les résultats et le niveau de celle-ci
-, et ce, au détriment des sections féminines.
« L'équipe garçon est l'équipe fanion. Si
elle est en PH et que les - 15 ans jouent en district, on dit que le club
est en PH. Mais si les féminines jouent en DH ça ne change
rien. Le club est en PH.. », ajoute Philippe de Cock, manager général
du club d'Orsay-Bures et depuis vingt ans avec les filles.
Les discriminations peuvent être de différentes sortes.
Le refus de laisser le terrain d'honneur - qu'il soit libre ou non - 'Les
défraiements kilométriques, les différentes aides
ou encore les budgets répartis de façon inégale. Bien
sûr, les solutions sont diverses mais pour l'heure, la seule qui
soit efficace reste... La séparation. En effet, il vaut parfois
mieux pour une section féminine se séparer de son club et
devenir autonome. Mais encore faut-il pouvoir le faire et trouver une ville
prête à accueillir le club.
Les « filles » d'Orsay-Bures sont passées très
près d'une montée en Nationale 1B ?en echouant en match de
barrage contre Poitiers. En cas de réussite, auraient-elle été
soutenues par leur club ? Rien n'est moins sûr...
C'est le problème que Nicole Abar a connu au Plessis Robinson.
Il a fallu aller jusque devant un tribunal pour trouver une solution. «
On a gagné en deuxième instance devant la Cour d'appel du
tribunal de Versailles. Ils ont été condamné à
nous verser 25 000 francs. Il a été reconnu qu'ils ont utilisé
de faux pouvoirs. Ils ont perdu. Ils nous ont vire, mais ils ont perdu
», assure t-elle.
Daniel Fusier, président du club de Juvisy, connaît
plus de réussite, mais il est vrai que le club a un tel palmarès
que les portes s'ouvrent plus facilement. « On a eu de la chance
que ça se passe bien avec la mairie. A Juvisy, ce sont les garçons
qui pleurent tout le temps parce que les filles ont tout. Nous avons la
chance d'avoir des résultats mais il.faut avouer que les filles
sont mises au dernier plan », explique t-il.
La solution pourrait passer par la fédération ou les
ligues de football, mais « ils ne font rien. Il y a deux explications.
D'abord le problème, c’est que l'argent va a l'argent. Dans les
recettes il y a une part pour la ligue, et comme pour les filles il n’y
a pas d’entrée payantes, il n’y a donc rien pour la ligue. La deuxième,
c'est l'envie. Le football féminin ne les intéresse pas.
Il y a cinq cartons rouges dans la saison, c’est pas là qu’il y
a du fric. On leur a demandé des affiches, tout était prépare,
on proposait même de les distribuer, mais rien n’a été
fait. Ca ne coute pourtant pas si cher 200 affiches », explique Philippe
de Cock.
Il est vrai que la presse écrite et les médias couvrent
mieux le sport féminin mais il y a encore beaucoup de progrès
à faire. Il faudrait que l'équipe nationale fasse de bons
résultats et qu'elle se qualifie pour les prochains chanpionnat
d'Europe. Ce serait un bon moyen pour attirer du monde dans les stade et
revaloriser la pratique du footbal par les femmes. Si seulement il pouvait
y avoir des matches retransinis à la télé, ça
changerait tout...