Capital
Septembre 1999
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Michael Balcaen


"A quand le bout du tunnel"

En France, le football féminin manque de soutien. Ce n'est pas nouveau. Les raisons avancées restent non-fondées. Les footballeuses espèrent que l'engouement suscité par la Coupe du Monde féminine aux Etats-Unis ait des répercussions dans l’hexagone.

« Vous n'êtes pas l'objectif du club. Point. » Voilà ce que le comité directeur du club du Plessis Robinson a répondu à Nicole Abar, alors en charge de la section féminine et qui, depuis, a crée L.A.J. (Liberté aux joueuses). -Nicole Abar est toujours déterminée à défendre le sport féminin en général, le football en particulier.

Le football féminin reste aujourd'hui encore déconsidéré. Les clubs pensent trop souvent que l'équipe masculine est la vitrine du club - quels que soient les résultats et le niveau de celle-ci -, et ce, au détriment des sections féminines.
« L'équipe garçon est l'équipe fanion. Si elle est en PH et que les - 15 ans jouent en district, on dit que le club est en PH. Mais si les féminines jouent en DH ça ne change rien. Le club est en PH.. », ajoute Philippe de Cock, manager général du club d'Orsay-Bures et depuis vingt ans avec les filles.
Les discriminations peuvent être de différentes sortes. Le refus de laisser le terrain d'honneur - qu'il soit libre ou non - 'Les défraiements kilométriques, les différentes aides ou encore les budgets répartis de façon inégale. Bien sûr, les solutions sont diverses mais pour l'heure, la seule qui soit efficace reste... La séparation. En effet, il vaut parfois mieux pour une section féminine se séparer de son club et devenir autonome. Mais encore faut-il pouvoir le faire et trouver une ville prête à accueillir le club.
Les « filles » d'Orsay-Bures sont passées très près d'une montée en Nationale 1B ?en echouant en match de barrage contre Poitiers. En cas de réussite, auraient-elle été soutenues par leur club ? Rien n'est moins sûr...
C'est le problème que Nicole Abar a connu au Plessis Robinson. Il a fallu aller jusque devant un tribunal pour trouver une solution. « On a gagné en deuxième instance devant la Cour d'appel du tribunal de Versailles. Ils ont été condamné à nous verser 25 000 francs. Il a été reconnu qu'ils ont utilisé de faux pouvoirs. Ils ont perdu. Ils nous ont vire, mais ils ont perdu », assure t-elle.
 Daniel Fusier, président du club de Juvisy, connaît plus de réussite, mais il est vrai que le club a un tel palmarès que les portes s'ouvrent plus facilement. « On a eu de la chance que ça se passe bien avec la mairie. A Juvisy, ce sont les garçons qui pleurent tout le temps parce que les filles ont tout. Nous avons la chance d'avoir des résultats mais il.faut  avouer que les filles  sont mises au dernier  plan », explique t-il.
La solution pourrait passer par la fédération ou les ligues de football, mais « ils ne font rien. Il y a deux explications. D'abord le problème, c’est que l'argent va a l'argent. Dans les recettes il y a une part pour la ligue, et comme pour les filles il n’y a pas d’entrée payantes, il n’y a donc rien pour la ligue. La deuxième, c'est l'envie. Le football féminin ne les intéresse pas. Il y a cinq cartons rouges dans la saison, c’est pas là qu’il y a du fric. On leur a demandé des affiches, tout était prépare, on proposait même de les distribuer, mais rien n’a été fait. Ca ne coute pourtant pas si cher 200 affiches », explique Philippe de Cock.
Il est vrai que la presse écrite et les médias couvrent mieux le sport féminin  mais il y a encore beaucoup de progrès à faire. Il faudrait que l'équipe nationale fasse de bons résultats et qu'elle se qualifie pour les prochains chanpionnat  d'Europe. Ce serait un bon moyen pour attirer du monde dans les stade et revaloriser la pratique du footbal par les femmes. Si seulement il pouvait y avoir des matches retransinis à la télé, ça changerait tout...
 

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