TRIBECA
Juin 1999
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Stéphanie Travers
Les filles de la "Just do it génération"

Nicole, 40 ans, entraîneuse de foot 

A dix ans, Nicole Abar jouait au rugby avec ses frères dans sa cité de Toulouse. Aujourd'hui entraîneuse d'une équipe de foot féminine, elle vit sa passion non sans difficulté. Victime de discrimination sexiste au sein de son club, Nicole a créé en novembre 1997 l'association «Liberté Aux Joueuses" (LAJ). 

"Mon objectif était de construire une trajectoire de progression pour les femmes dans le sport", explique-t-elle. Issue de l'immigration, cette célibataire qui partage ses origines entre l'Italie et l'Algérie, dénonce des injustices répétées. "Le racisme, je l'ai vécu gamine. Aujourd'hui, je subis le sexisme. C'est contre Ça que je me bats". Un combat "généreux" qui ne lui rapporte rien, si ce n'est l'espoir que la prochaine génération gagnera son indépendance, contrairement à sa mère. Une lueur dans les yeux, elle ose espérer un "partenariat" dans les couples contemporains, qui contribuerait à l'indépendance sociale des femmes. 

"En France, le sexisme est constaté mais ne révolte personne", s'indigne-t-elle. "Qu'il s'agisse de la politique ou des salaires, les inégalités persistent". A l'aise en jean et en baskets, elle déplore également le diktat de la beauté imposé par les médias et revendique le droit à la laideur. 

"Il faudrait pouvoir être soi, tout simplement".

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