A dix ans, Nicole Abar jouait au rugby avec ses frères
dans sa cité de Toulouse. Aujourd'hui entraîneuse d'une équipe
de foot féminine, elle vit sa passion non sans difficulté.
Victime de discrimination sexiste au sein de son club, Nicole a créé
en novembre 1997 l'association «Liberté Aux Joueuses" (LAJ).
"Mon objectif était de construire une trajectoire de progression
pour les femmes dans le sport", explique-t-elle. Issue de l'immigration,
cette célibataire qui partage ses origines entre l'Italie et l'Algérie,
dénonce des injustices répétées. "Le racisme,
je l'ai vécu gamine. Aujourd'hui, je subis le sexisme. C'est contre
Ça que je me bats". Un combat "généreux" qui ne lui
rapporte rien, si ce n'est l'espoir que la prochaine génération
gagnera son indépendance, contrairement à sa mère.
Une lueur dans les yeux, elle ose espérer un "partenariat" dans
les couples contemporains, qui contribuerait à l'indépendance
sociale des femmes.
"En France, le sexisme est constaté mais ne révolte personne",
s'indigne-t-elle. "Qu'il s'agisse de la politique ou des salaires, les
inégalités persistent". A l'aise en jean et en baskets, elle
déplore également le diktat de la beauté imposé
par les médias et revendique le droit à la laideur.
"Il faudrait pouvoir être soi, tout simplement".