Femmes, football et parité : seulement
en apparence
« Les femmes sont notre avenir » ont souvent répété
les dirigeants français, au cours des derniers mois, après
avoir observé la passion avec laquelle le public féminin
suit le football, depuis quelques temps. En effet, il y a quelques semaines,
parmi les 78000 spectateurs présents à France-Andorre pour
fêter Zidane et compagnie, se trouvaient pas moins de 9000 femmes.
Mais si, officiellement, la politique de la Fédération
semble encourager le développement du public et de la pratique du
football féminin (Aimé Jacquet lui-même, directeur
technique national, a fait savoir que l’organisation du football féminin
était une de ses préoccupations majeures), sur le terrain,
les choses semblent totalement différentes.
La Fédération a annoncé que tout serait fait, en
collaboration avec les ligues régionales, pour que les 28000 footballeuses
vivent leur passion dans les meilleures conditions. Depuis plusieurs semaines,
quelques clubs ont annoncé des initiatives visant à favoriser
la présence féminine au stade. Mais, en dépit des
discours officiels et des promesses, la réalité est tout
autre : dirigeants nationaux et régionaux, présidents de
clubs et publicitaires continuent de courtiser le public féminin,
mais à condition qu’il reste devant la télé, à
consommer le spectacle footballistique et ses spots, ou, au pire, qu’il
aille au stade, accompagné, pour assister aux matchs. Quand les
femmes réclament les moyens et les structures pour jouer et s’organiser
comme leurs homologues masculins, alors la réponse ne se fait pas
attendre et elle est presque toujours négative.
Récemment, les footballeuses du Plessis-Robinson, petite commune
du sud parisien, l’ont constaté à leurs dépens. Après
avoir démontré leurs qualités sur le terrain, au plus
haut niveau régional, elles ont demandé une contribution
financière afin de développer leur activité. Et elles
ont reçu un « non » ferme et définitif du président
du club, qui a préféré financer le football masculin
et investir les sommes reçues de la fédération pour
intégrer les centaines de jeunes qui se sont précipités
sur les terrains suite à l’effet Coupe du Monde. Cette décision,
les filles l’ont contestée à la Cour d’Appel de Versailles
l’a annulée. Fortes de leur victoire en justice, les footballeuses
du Plessis-Robinson se sont alors adressées aux tribunaux auxquels
elles ont demandé de condamner le président macho pour discrimination.