La Gazetta dello Sport
19 Novembre 1998
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Femmes, football et parité : seulement en apparence

« Les femmes sont notre avenir » ont souvent répété les dirigeants français, au cours des derniers mois, après avoir observé la passion avec laquelle le public féminin suit le football, depuis quelques temps. En effet, il y a quelques semaines, parmi les 78000 spectateurs présents à France-Andorre pour fêter Zidane et compagnie, se trouvaient pas moins de 9000 femmes.

Mais si, officiellement, la politique de la Fédération  semble encourager le développement du public et de la pratique du football féminin (Aimé Jacquet lui-même, directeur technique national, a fait savoir que l’organisation du football féminin était une de ses préoccupations majeures), sur le terrain, les choses semblent totalement différentes.

La Fédération a annoncé que tout serait fait, en collaboration avec les ligues régionales, pour que les 28000 footballeuses vivent leur passion dans les meilleures conditions. Depuis plusieurs semaines, quelques clubs ont annoncé des initiatives visant à favoriser la présence féminine au stade. Mais, en dépit des discours officiels et des promesses, la réalité est tout autre : dirigeants nationaux et régionaux, présidents de clubs et publicitaires continuent de courtiser le public féminin, mais à condition qu’il reste devant la télé, à consommer le spectacle footballistique et ses spots, ou, au pire, qu’il aille au stade, accompagné, pour assister aux matchs. Quand les femmes réclament les moyens et les structures pour jouer et s’organiser comme leurs homologues masculins, alors la réponse ne se fait pas attendre et elle est presque toujours négative.

Récemment, les footballeuses du Plessis-Robinson, petite commune du sud parisien, l’ont constaté à leurs dépens. Après avoir démontré leurs qualités sur le terrain, au plus haut niveau régional, elles ont demandé une contribution financière afin de développer leur activité. Et elles ont reçu un « non » ferme et définitif du président du club, qui a préféré financer le football masculin et investir les sommes reçues de la fédération pour intégrer les centaines de jeunes qui se sont précipités sur les terrains suite à l’effet Coupe du Monde. Cette décision, les filles l’ont contestée à la Cour d’Appel de Versailles l’a annulée. Fortes de leur victoire en justice, les footballeuses du Plessis-Robinson se sont alors adressées aux tribunaux auxquels elles ont demandé de condamner le président macho pour discrimination.

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