Plessis-Robinson, Le Mensuel (n° 15 Mars 1999)
J.C. CARDE
Sport au féminin : un match à gagner
Les footballeuses du Plessis, oh pardon ex-Plessis, ont mené
une grande bataille pour continuer à évoluer au sein du FCPR.
Malgré la justesse de ce combat, elles ont perdu ce match
aller, face à leur club, qui, en assemblée générale,
faisait voter, on peut l’appeler ainsi, l’exclusion de cinquante adhérentes.
Leur seule faute étant d’être femme dans un sport dit «
d’homme ». Quelle belle image pour les petites filles footballeuses
du monde des grands !
Heureusement, ces sportives n’ont pas l’habitude de baisser les bras
ou de s’avouer vaincues sans se battre. « Il n’est de bataille perdue,
que celle que l’on ne mène pas ». Cette vérité
est une évidence pour ces jeunes femmes, qui ont engagé la
bataille sur le plan juridique. Les arguments du FCPR sont petits, comme
l’est leur décision. Il serait question de sombres problèmes
d’argent (11 000 F sur un budget de 559 804 F). Que ces demoiselles coûtent
cher !
Seulement voilà, il y a eu match retour, et là les ex-Robinsonnaises
ont mis hors jeu les sexistes du Plessis. En septembre 1998, le tribunal
de Versailles annule la décision de l’assemblée générale
et condamne le club à verser 25 000 F. Toutefois, celui-ci ne se
prononce pas sur la discrimination. C’est une nouvelle bataille, et elles
vont la mener.
Ceci dit, quelle vitrine pour le sport, à l’heure où l’on
parle de parité, où de plus en plus la place des femmes est
reconnue, que le sport « populaire », par excellence se montre
ainsi, où sont passées les valeurs éducatives du sport
? Le voeu que nous pouvons leur formuler, en dehors de celui de plein succès
pour la saison sportive, dans leur nouveau club à Bagneux, c’est
celui de la victoire dans la reconnaissance du droit aux jeunes filles
et aux femmes de pratiquer le sport de leur choix, notamment le football.