Ministère de la Jeunesse et des Sports
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Symposium sur le Football Féminin : Résumé des interventions



 
  • Joseph S.BLATTER Président de la FIFA

  • Le football compte 40 millions de pratiquants au monde. L’objectif est de développer le football féminin dans chaque nation avec la mise en œuvre de programmes spécifiques. Ces programmes doivent permettre d’améliorer les structures, d’augmenter les effectifs et de permettre l’accès des femmes aux postes de décisions. 
    Le sport est aussi un élément important de la santé publique, et le moteur d’un contrat social entre sport et société. La FIFA en étroite relation avec l’ OMS s’est engagée à lutter contre le tabagisme.
  • Madame Donna SHALALA, Secrétaire d’état américain à la santé 

  • Cette intervention fut un peu surprenante car elle a été essentiellement orientée vers la lutte contre le tabagisme, sans focaliser sur le football ni le sport féminin. 
  • Monsieur Per OMDAL Président de la commission football féminin à la FIFA

  • La FIFA souhaite développer le football féminin car le potentiel de croissance du football est féminin. Il s’agit de considérer cette perspective comme un investissement et non pas un coût car les retombées commerciales seront considérables.
    La FIFA demande aux associations membres de « relever le défi » et de faire de la progression du Football féminin une de leur priorité avec une volonté de permettre la pratique dès le plus jeune âge au plus près de leur lieu de vie (mixité, foot à 5 et multiplication de création d’équipes féminines).
    La FIFA de son côté souhaite organiser une coupe du monde pour les moins de 18 ans, afin de susciter un engouement et par la même faire progresser les effectifs féminins.
  • Madame Donna de VARONA Présidente du comité d’organisation de la CMF Féminines aux USA

  • Le football féminin aux USA est passé de 50000 licenciées en 1986 à 7 millions en 1999. Cette évolution est la conséquence d’un grand investissement de toutes les fédérations pour le sport féminin à la suite de la promulgation d’une loi pour l’égalité des chances dans le sport et contre les discriminations. Ce résultat s’explique aussi par le fait que le football féminin est pratiqué dans la plupart des écoles, 1 sur 3, alors qu’en 1970, seulement 27 d’entre elles proposait cette activité.
Pour ce qui concerne la réussite de l’organisation de la CMF féminines aux USA, D.VARONA fait référence à la mise en œuvre simultanément des quatre leviers, les quatre « M » : Management, Médias, Marketing, Moyens financiers. Quelques exemples : 

1) Les moyens financiers :

  • Après la coupe du monde masculine organisé par les USA en 1994, la fédération américaine de soccer  a décidé de créer une fondation spécifique dont les fonds ont été mis à la disposition de l’organisation de la CMF féminines sous forme de prêt. Il existait donc dès le début de l’opération une trésorerie immédiatement disponible.
  • Une recherche de nouveaux sponsors a porté ses fruits même si ces partenaires ne se sont pas engagés pour des montants aussi importants que pour la CMF masculine

  • 2) Le marketing :

  • Organisation d’un match de gala lors du tirage au sort qui a opposé l’équipe des USA à une sélection internationale, retransmis à la télévision
  • Spots publicitaires pendant toute la saison de football masculin afin d’annoncer la prochaine CMF féminine
  • Une campagne marketing à laquelle ont participé toutes les joueuses, avec des stars d’autres sports comme M.JORDAN. Dans ce spot, MIA HAM, star de l’équipe américaine, affrontait en duel M.JORDAN dans plusieurs disciplines avec un slogan qui indiquait qu’elle pouvait faire tout ce que ce joueur faisait et qu’elle pouvait même le battre.

  • 3) Médias :
     

  • Retransmission de tous les matchs (32) à la TV
  • De nombreux reportages d’avant match et d’après match dans les journaux télévisés
  • Des articles de presse au quotidien
  • Cette Coupe du Monde de Football Féminin fut une véritable réussite avec 650000 billets vendus et plus de 90000 spectateurs lors de la finale qui s’est disputée en présence du Président des USA et de sa famille avec une retransmission en direct à la TV.
    • Madame Evelyne WHITMAN Présidente de la Fédération de Football de Tahiti

    • Après un parcours classique, E.WHITMAN a été élue à la présidence de sa fédération, ce qui constitue en l’espèce une exception. A noter toutefois qu’il s’agit d’une petite fédération et que cela s’explique peut être aussi par le contexte culturel spécifique qui donne aux femmes dans la société tahitienne un rôle important.
    • Madame Anita DEFRANTZ (USA) Vice Présidente du CIO
    Pour les prochain jeux olympiques de SIDNEY, toutes les disciplines seront féminisées sauf la boxe et le catch. Il faut que les femmes passent du stade de spectatrices à celui de pratiquantes et de décision. Le CIO compte seulement 11% de femmes membres.  La FIFA doit se fixer l’objectif de 10% de femmes aux postes de décision. Il est indispensable de favoriser la reconversion des athlètes vers d’autres fonctions au sein du mouvement sportif. Il serait très intéressant d’organiser la coupe du monde masculine en même temps que la coupe du monde féminine. Avec une démarche très volontaire il est possible de changer les choses, comme ce fut le cas avec l’opération « Kids in sport » organisée par une association de Los Angeles qui a permis de donner accès à des pratiques sportives à des enfants défavorisés. Après avoir constaté que les filles ne participaient pas, cette association à engagé une personne qui a eu pour mission spécifique de recruter des filles. Après 3 ans d’activité, la participation des filles est passée de 300 à 3000.

     
    • Madame Marie-George BUFFET (France) Ministre de la Jeunesse et des Sports 
    Le football féminin et l’ensemble du sport féminin ont besoin de l’engagement des gouvernements, en  totale complémentarité avec les actions des associations sportives nationales et internationales. Il ne faut pas attendre une évolution de la société pour une meilleure participation des femmes dans tous les domaines. C’est plutôt dans chacun des domaines, sports, politique, travail...que doivent s’engager des actions volontaristes afin de faire évoluer de manière conséquente la situation des femmes et engager avec force la lutte contre les discriminations. C’est pourquoi, le développement du sport féminin est une priorité du MJS qui a trouvé une première concrétisation dans l’organisation des assises nationales du sport féminin en mai 99. Ces assises ont permis de retenir quelques actions immédiates de nature à impulser un mouvement positif pour la place des femmes dans le sport :
     
  • Modification des statuts des fédérations sportives nationales afin d’inscrire l’obligation d’une représentation féminine dans les instances dirigeantes et l’encadrement.
  • Modification des critères permettant d’accéder au statut d’athlète de haut niveau en prenant en compte les aspects spécifiques du sport féminin.
  • Intégration de propositions spécifiques pour le sport féminin dans le prochain projet de loi sur le sport que le gouvernement présentera au parlement avant fin 99.
  • Convention sur l’utilisation des bénéfices de la Coupe du Monde masculine de 98, dont une partie devrait aller à la promotion du football féminin.
  • Soutien financier au clubs qui créent des équipes féminines.
  • Création de poste d’animatrice à plein temps pour le football féminin dans les régions.
  • Dans le cadre des conventions d’objectifs signées par le MJS et les fédérations, il sera demandé des mesures spécifiques pour la féminisation de la pratique.
  • Intégrer les filles à toutes les actions d’insertion entreprises par les collectivités locales, car elles sont trop souvent oubliées, alors qu’elles sont elles aussi impactées par l’exclusion et la violence des quartiers difficiles.

  • En conclusion, le développement du football féminin passe nécessairement par une politique volontariste.

    • Madame Jean WILLIAMS (Angleterre) Conférencière à l’université de Monfort

    • Les femmes ne veulent pas s’opposer aux hommes mais leur pratique est différente.  Il existe plus de 200 livres consacrés au football en Grande Bretagne, et le nombre de pages consacrées aux féminines est en augmentation de 15%. On constate aussi une plus grande participation des médias, et aussi une évolution des comportements des équipementiers qui commencent à intégrer les pratiques féminines pour faire preuve de créativité et d’adaptabilité. La cible à terme est la professionnalisation de la pratique du football féminin. Il convient de ce fait d’influencer la FIFA et les associations nationales afin de lancer des programmes spécifiques de développement du Football féminin qui intégreront les dimensions de motivation, de pédagogie et des questions opérationnelles. 
      La femme sportive ne doit plus être considérée comme une exception et au contraire cela devrait être la norme comme pour les hommes..
      La coupe du monde de football féminin apporte déjà quelques enseignements :
      • Football créatif , imaginatif  et fair-play.
      • Les femmes peuvent elles aussi faire le spectacle
      • Cette CMF féminine a su susciter l’intérêt des médias.
    • Monsieur Zhang JILONG (Chine RP) Membre de la commission de football féminin de la FIFA
    La fédération chinoise s’autofinance mais elle a du mal a trouver des sponsors pour le football féminin même pour la participation à la phase finale de la coupe du monde. L’utilisation des « stars » en marketing est difficile à mettre en œuvre pour les féminines. Une des solutions consisterait à regrouper les droits commerciaux des équipes féminines et masculines. L’émergence de la pratique féminine conduit à une sur sollicitation des infrastructures sportives et sur ce point c’est le gouvernement qui doit agir. On peut se poser la question de la création d’une fédération totalement féminine ? 

     
    • Madame Hannelore RATZEBURG (Allemagne) Membre de la commission de football féminin de la FIFA
    Quelques dates structurantes :
      • 1970 : création d’associations féminines acceptées par la fédération allemande.
      • 1974 : reconnaissance officielle du football féminin par la FFA
      • 1990 : création de la ligue nationale de football féminin avec 12 équipes
    Quelques exemples pour favoriser l’émergence de la pratique du football féminin dans un pays de pratique historiquement masculine :
      • La ligue nationale féminine est incluse dans le contrat TV du championnat masculin
      • Pendant l’hiver, il est organisé un coupe en salle
      • Retransmission en direct à la TV de quelques matchs féminins
      • Pratique du football dès l’école primaire
      • Football est enseigné à l’université ou les filles peuvent passer des diplômes d’entraîneur
      • Très forte médiatisation de l’équipe nationale en 1989 lors de la qualification à la phase finale du championnat d’Europe organisée par l’Allemagne
      Il reste encore des efforts à faire sur le marketing, le professionnalisme et la reconversion des anciennes joueuses vers l’encadrement.
    • Madame Sonia DENONCOURT (Canada) Arbitre international de la FIFA

    • Après 21 ans d’arbitrage, soit environ 1000 matchs, certaines questions sont encore posées régulièrement :
      • Devrait-il y avoir des règles différentes entre la pratique masculine et féminine ?
      • Les femmes sont-elles capables d’arbitrer des hommes ?

      • Pour cette intervenante, les règles doivent être les mêmes et les femmes sont tout à fait capables d’arbitrer des hommes. Ce fut son cas lorsqu’elle a arbitré un match professionnel masculin de 1ère division au Brésil et au Salvador.

       
    • Madame Elisabeth LOISEL (France) Entraîneur national de l’équipe de France féminine

    • Il existe deux profils d’entraîneurs : autoritaire ou démocratique. Ces deux profils type doivent intégrer dans le cadre de la pratique féminine une dimension affective, avec une recherche de complémentarité et d’acceptation par le groupe. L’entraîneur doit s’efforcer d’obtenir de l’estime et de la reconnaissance de la part du groupe. Il se doit de respecter les valeurs communes du groupe.
    • Docteur William GARRETT ( USA ) Membre de la commission de médecine sportive de l’US Soccer
    Conférence du 13/06/99 : les problèmes de la santé de la femme face à l’exercice et des pratiques sportives de faible niveau.
    Suite à la promulgation aux USA en 1972 du texte de loi contre les discrimination (Titre IX), le nombre de femmes sportives est passé de 300000 en 1970 à 2500000 en 1988. Pour ce qui concerne le football, les risques de blessures au genou sont 3 à 6 fois plus élevés que chez les hommes.
    • Intervenante dans la salle (Hollande) Membre de la Fédération Hollandaise de Football

    • Le football féminin et la mixité :
      • de 6 à 12 ans pas de différences entre filles et garçons
      • entre 12 et 14 ans les filles sont plus grandes, plus mûres et ce sont elles les organisatrices de l’équipe
      • entre 14 et 16 ans les filles sont toujours plus mures mais les garçons sont plus forts physiquement
      • entre 16 et 18 ans la différence physique joue énormément, les garçons sont plus forts et surtout beaucoup plus lourds
      • la mixité permet un partage des valeurs et donne au filles l’opportunité d’un nombre plus élevé d’entraînements
      • grâce à la mixité le nombre de pratiquantes est passé de 12000 à 28000 en 1 an et demi.
    • Madame Marcelle KOUASSI (Côte d’Ivoire) Secrétaire générale de la fédération de football
      • Le football se situe dans le contexte du développement de l’Afrique dont le principal financier est le gouvernement
      • Le budget pour le sport est modeste, mais la plus grosse part de ce budget est consacré au football car il a un rôle politique important en Afrique
      • Pas ou peu d’infrastructures disponibles pour la pratique du football en général
      • Manque d’un encadrement de qualité
      • Il faudrait convaincre les hommes de travailler pour la promotion de la pratique féminine
      • Un programme de la FIFA avec les lignes directrices pour le développement du football féminin est indispensable
      • le football féminin est pratiqué par des filles non scolarisées
      • Les fédérations nationales devraient influencer les différents ministères des sports afin de pousser à la mise en œuvre d’une politique sportive de qualité

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