Lorsque la Ministre de la Jeunesse et des Sports m’a sollicitée
pour faire partie de sa délégation qui devait se rendre à
LOS ANGELES (USA), afin d’assister à la finale de la 3ème
Coupe du Monde de Football Féminin, ce fut pour moi une fabuleuse
surprise et une grande joie. A ce moment là je ne savais pas que
nous assisterions au 2ème symposium sur le football féminin,
organisé par la FIFA, au cours duquel notre Ministre devait faire
une intervention sur la responsabilité des gouvernements dans le
développement du sport féminin en général,
et vu le contexte, du football féminin en particulier.
La participation à ce congrès et l’événement
sportif (le match), constituaient une opportunité extraordinaire,
que seul mon combat contre les discriminations sexistes légitimait.
En effet ma fonction de responsable du football féminin pour tout
le département des Hauts de Seine, au sein du comité directeur
de ce district, ne me donnait pas le droit d’assister à ce séminaire.
Ce 2ème symposium m’a permis de rencontrer mais surtout d’écouter
des acteurs de la FIFA, du CIO, d’autres fédérations, ce
qui quelques jours auparavant était pour moi totalement inconcevable.
J’ai pu aussi obtenir de la documentation sur les organisations internationnales,
ainsi que des statistiques qu’il n’est pas toujours facile de se procurer.
L’ensemble de ces éléments me seront utile dans le cadre
de mes activités au sein de l’association LAJ, afin d’argumenter
de manière objectif ma dénonciation des discrimination sexiste
en France dans le sport. La comparaison est une excellente méthode
introductive même si elle à ses limites.
Quant au match, en tant que femme, je ne pouvais être que subjuguée
par l’ambiance dans le stade : 90000 spectateurs ! En tant que technicienne
du football, ancienne internationnale, je dois avouer que le match en lui
même n’a pas tenu toutes ses promesses. Cette coupe du monde, dont
tout le monde a vanté le côté spectaculaire, tant sur
le plan de la technique individuelle que collective que par le nombre de
buts inscrits, n’a pas trouvé son apothéose lors de la finale.
Pas un seul but d’inscrit, et des tirs aux buts qui ont ménagé
le suspens suffisant pour marquer cet événement : les USA
remporte sur leur sol cette 3ème Coupe du Monde.
A mon entrée dans la salle de conférence, ce fut déjà
un choc. Au delà de sa dimension, plus de 200 délégations
étaient présentes, j’ai découvert un décor
avec des photos géantes de footballeuses en action, et deux écrans
géants qui diffusaient des images de la dernière Coupe de
Monde Féminine, avec une musique très rythmée. Les
images bien choisies, techniques, physiques, spectaculaires avec des buts
splendides étaient un hymne à la pratique du football féminin.
Une vision positive et enthousiasmante de cette pratique, réellement
motivante. Ce que je viens d’écrire pourrait sembler au plus grand
nombre d’une extrême banalité. Pourquoi cet étonnement
pour ce qui a priori est tout à fait normal ?
Quand je découvre cet environnement, je sais que je suis là
par la volonté d’une Ministre en exercice qui se bat pour la place
du sport féminin en France et en Europe. Je suis pourtant dans ma
famille du football et je sais que je ne suis pas la bienvenue.
Comment ne pas être enthousiasmée et triste à la
fois, lorsque devant tant de faste, je pense à mon petit club de
la banlieue parisienne, qui a vécu cette saison avec 20000 francs
issus des cotisations, qui ont permis de rémunérer un seul
éducateur pour 3 équipes, avec des bénévoles
non diplômés pour les 40 petites filles? Comment ne pas être
un tant soit peu interloquée par cette mise en scène lorsque,
50 femmes dont 20 petites filles ont été exclues d’un club
de football car elles avaient une ambition sportive démesurée
qui aurait coûté 80000 francs à un club qui avait les
moyens d’assumer? Comment ne pas être atterrée lorsque la
FIFA dit, montre et démontre, coupe du monde féminine à
l’appui, que le football féminin est l’avenir du football, alors
qu’en France, notre société génère encore et
toujours souffrances, humiliations et mépris.... ?
La fédération Française de football n’est pas toute
seule responsable de l’évolution des mentalités dans notre
pays. Il est vrai qu’elle donne des moyens pour structurer notre pratique
féminine, la dernière preuve est l’ouverture du centre technique
national féminin à Clairefontaines. Mais l’élite ne
pourra pas émerger au plus haut niveau des compétitions nationales
sans une masse digne de ce nom et des conditions de travail dans les clubs
en rapport avec des ambitions au niveau mondial.
Comment expliquer que notre pratique stagne à hauteur de 1,8%
de licenciées après 30 ans d’existence ? Comment accepter
l’idée que les équipes disputant les championnats nationaux
ne soient pas aidées financièrement comme les garçons
afin de recruter des éducateurs en nombre suffisant et en qualité
? Comment comprendre enfin, que confrontée à des situations
de discriminations sexistes avérées, notre fédération
soit impuissante pour intervenir avant le désastre ?
Je réalise rapidement que ce soudain intérêt de
la FIFA pour le football féminin a de sérieuses motivations
commerciales d’abord et hégémoniste ensuite. Le football
doit continuer à faire progresser ces effectifs pour conserver sa
place de 1èr sport planétaire, et aussi de donner les
moyens de diversifier ses revenus. Le football masculin atteint un certain
plafond alors que le football féminin en est encore à un
stade embryonnaire. La pratique féminine présente le plus
fort potentiel de croissance en licenciées, en retombées
commerciales et aussi en émotions et spectacles de qualité
tel que ce fut le cas lors de la 3ème CMF féminine aux USA.
Tout cela a vrai dire dans l’immédiat m’importe peu. En tant
que passionnée, tout ce que je souhaite c’est que toutes les petites
filles du monde puissent choisir de pratiquer le football si elles le souhaitent,
avec des conditions de pratique et d’apprentissage identiques à
celles des petits garçons. En tant que femmes, je souhaite que soit
éradiquée toute forme de discrimination sexiste, dont les
cicatrices sont sensibles à vie. La FIFA ne peut pas tout décider
et surtout elle ne peut pas imposer des décisions aux fédérations.
Elle peut par contre donner une trajectoire, fixer des objectifs généraux,
et via le suivi des financements qu’elle verse aux fédérations
membres, elle peut se donner les moyens d’un contrôle à posteriori
qui permettra de sensibiliser les retardataires, même si il n’y a
pas vraiment de sanctions.
Passé ce stade des premières impressions, j’ai plongé
dans les différentes interventions parfois avec délectation
et encore dans certain cas un peu d’irritation lorsque sous couvert de
galanterie ou d’expression de la condition spécifique de la nature
féminine certains propos sont encore un tant soit peu infériorisants.
C’est d’égalité qu’il devrait être question et non
pas d’hommes et de femmes en situation de comparaison soit physiologiques,
historiques ou culturelles.
L’intervention dont je garderai le souvenir le plus vif fut celle de
DONA DE VARONA, Présidente du Comité d’Organisation de la
3ème Coupe du Monde féminine aux USA. Sportive de haut niveau,
médaillée d’or aux JO en natation, fondatrice et première
présidente d’une fondation pour le sport féminin, son propos
fut précis, argumenté, plein de tact de pertinence et d’efficacité.
Grâce au succès de son entreprise, avec une grande douceur
associée à une extrême détermination, elle énonça
des vérités pas toujours facile à dire. J’ai engrangé
beaucoup d’espoir même si le contexte américain est beaucoup
moins difficile pour la pratique du football au féminin.
En effet, je n’oublie pas que aux USA, le SOCCER n’est pas le sport
roi, bien au contraire, et que cela explique pourquoi les femmes ont pu
s’y investir totalement. Elles représentent 37% des licenciées
et bénéficient de moyens exceptionnels tant financiers que
structurels.
J’ai retenu en tout premier lieu que ce fut à la faveur d’un
texte de loi exigeant un égal accès des femmes au sport et
contre les discriminations sexistes qu’à commencé cette belle
aventure du sport féminin dans ce pays et celle du football féminin.
Les femmes américaines, dans un féminisme agressif souvent
vilipendé par les françaises et les français, savent
faire vivre les lois. Elles déposent des plaintes devant des tribunaux,
gagnent des procès et conquièrent par la même ce à
quoi elles ont droit.
Nous avons nous aussi en France des textes de lois, nous avons ratifiés
des traités et des conventions internationales, mais trop peu de
femmes encore osent se plaindre et demander justice. Plus grave encore,
lorsqu’elles se risquent dans un conflit juridique, les juridictions françaises
ne leur rendent pas justice.
C’est la raison pour laquelle, il me semble indispensable de poursuivre
mon combat pour obtenir une jurisprudence dans ce sens : dans un premier
temps faire condamner un club sportif pour discrimination sexiste afin
que l’ensemble de ces structures sachent que désormais la justice
peut les condamner et par la même les inciter à un peu plus
de modération. Ensuite démontrer aux femmes qu’elles doivent
se battre pour faire respecter leurs droits et que ce soit plus facile
à l’avenir pour d’autres qui seraient confrontées à
une situation identique. La prochaine loi sur le sport qui sera présentée
au gouvernement par la Ministre de la Jeunesse et des Sports devrait intégrer
des articles visant à condamner les discriminations sexistes dans
le sport comme ce fut le cas aux USA. Relecture et ajouts devaient intervenir
rapidement dans ce sens.
Madame DONNA de VARONA, dans la suite de sa présentation apporta
la démonstration d’une autre fabuleuse réussite : la couverture
médiatique et les retombées marketing.
Lorsque dans ma chambre d’hôtel j’ai regardé la TV, je
fus stupéfaite lorsque la première fois j’ai découvert
les nombreuses publicité dont les actrices principales étaient
les joueuses de la sélection américaine : ADIDAS, NIKE, GATORADE....Par
la suite, les passages de ces publicités étaient tellement
nombreux que comme tout à chacun je commençais presque à
trouver cela normal.
Je fus aussi agréablement surprise par les reportages diffusés
au cours des différents journaux télévisés.
Il s’agissait parfois de reportages sur la compétition et aussi
très souvent des interview des joueuses américaines et du
public américain. Je ne m’attendais pas à de telles répercussions
médiatiques, car ne possédant pas le câble en France,
je n’avais pu suivre qu’un seul match qu’une amie m’avait enregistrée
sur Eurosport et je n’avais aucune idée de ce qui se passait aux
USA. Alors que quelques articles en France avaient fait un écho
du formidable engouement des américains pour cette compétition
de football féminin, je découvris qu’aux USA la couverture
était quotidienne et quasi généralisée.
Que penser aussi de la façon dont la retransmission de la finale
était en permanence annoncée à la TV....Comment ne
pas être impressionnée par le nombre de billets vendus pour
cette compétition : 650000 billets dans plusieurs villes américaines
? En France, un match de l’équipe nationale disputant un match officiel
attire difficilement 3000 spectateurs....
J’ai été aussi très intéressée par
l’intervention de Madame ANITA DEFRANTZ (USA) vice-présidente du
CIO, qui a force de volonté, de détermination, de persévérance
et de persuasion arrive à nous faire croire que lorsqu’une porte
est fermée, il faut continuer à frapper jusqu'à ce
qu’elle s’ouvre. La fonction de haut niveau au sein du CIO tenue par cette
personne mérite tout le respect et je ne doute pas que à
son niveau de responsabilité elle fera son maximum pour favoriser
le développement des sports féminins. Il n’est toutefois
pas si évident de ne pas céder au découragement après
plusieurs échecs. L’épuisement fait aussi son œuvre, et c’est
aussi quelquefois un peu blessant que de ne pas parvenir à se faire
entendre malgré la compétence, la passion et l’enthousiasme.
Je suis aussi, sans parti pris aucun , admirative de la présence
de Madame Marie George BUFFET, Ministre des sports en exercice, qui a décidé
de prendre le temps, malgré un emploi du temps très chargé,
pour venir à l’invitation de la FIFA, parler de l’absolu nécessité
de faire intervenir les gouvernements pour promouvoir le sport féminin.
Au delà de l’ensemble des actions entreprises au niveau français
et européen, ce déplacement aux USA, marque sa volonté
d’aller jusqu’au bout de sa démarche sur le sport féminin.
Son action, en complémentarité avec celle de la FIFA, laisse
augurer des jours meilleurs pour le football féminin français,
qui je l’espère sera un des moteurs de l’évolution des pratiques
féminines en France et de la condition féminine en général..
La déclaration de LOS AGELES pour le football féminin,
si elle est suivi d’effet, impressionne par son exhaustivité et
son ambition. Elle souffre parfois de petits problèmes de traduction
qui enlèvent dans certains cas une certaine force aux propos en
Français alors qu’ils sont très percutants en Anglais.
L’objectif relatif à l’augmentation des effectifs à hauteur
de 10%, doit s’accompagner obligatoirement d’un objectif quantifiable d’augmentation
du nombre d’équipes féminines. En effet il est tout à
fait possible d’augmenter les effectifs sur les structures existantes ce
qui en contre partie ne garantie absolument pas une évolution de
la diffusion de la pratique du football féminin.
Cette pratique souffre tout particulièrement de l’absence dans
certains cas de l’offre de proximité. Dès lors que le football
n’est pas pratiqué dans le contexte scolaire, il ne trouve pas de
prolongement dans les structures associatives locales. Cela conduit le
plus souvent à l’abandon de la pratique pour de nombreuses jeunes
filles. Pour ce qui concerne l’accès aux postes à responsabilités
pour les femmes, il est impératif que la FIFA donne l’exemple et
se dote de statuts nouveaux intégrant une obligation dans ce sens.
CONCLUSION :
Ce symposium a permis un vaste tour d’horizon de ce qu’il faudrait
mettre en œuvre pour que le football féminin prenne sa place dans
la planète football. Je retiendrais personnellement quelques points
en particulier :
-
Loi pour l’égalité des chances dans le sport et contre les
discrimination :
-
Obligation de proposer des activités sportives aux « filles
» pendant leur scolarité jusqu'à l’université.
-
Engagement des gouvernements pour la promotion du sport féminin
-
Intégrer des articles pour la promotion du sport féminin
dans la loi pour le sport
-
Evolution des statuts des fédération pour une féminisation
des instances de décision
-
Via les contrats d’objectifs veiller une bonne répartition des ressources
entre le sport masculin et féminin
-
Rechercher un statut d’athlète de haut niveau intégrant les
spécificités des pratiques féminines
-
Engagement des hautes instances internationales du mouvement sportif :
FIFA, CIO..
-
Politique claire en faveur de la pratique féminine et objectivation
-
Financement suivi et contrôlé à posteriori en fonction
des résultats sur la pratique féminine
-
Mise à disposition de programme de formation spécifique pour
favoriser l’accès aux postes à responsabilités pour
les femmes
-
Rechercher la mise en œuvre de la stratégie des quatre « M
» : Management, Marketing, Médias, Moyens financiers.
Le Ministère de la Jeunesse et des Sports, au delà
de son programme très précis et très volontariste,
possède un seul moyen un tant soit peu coercitif : les contrats
d’objectifs.
Après avoir participé au premier groupe de travail de
Madame Martine GROSGEORGES le 1/7/99, sur ce thème, j’ai constaté
que la préparation des réunions de négociation ente
le MJS et les différentes fédérations sportives étaient
subordonnées à la préparation d’un dossier spécifique.
Les document nombreux et complexes sont servis et exploités manuellement.
Après avoir proposé immédiatement une féminisation
de toute les rubriques et intitulés, le groupe a convenu de proposer
une informatisation de cette gestion en partenariat avec les fédérations.
En effet ces dernières rencontres de multiples difficultés
à remplir ces dossiers préparatoires et de ce fait ne leur
apporte pas tout l’intérêt qu’il mérite. Pour le MJS,
c’est le seul moyens pour « exiger » une certaine orientation
des activités des fédérations, et dans le cas qui
nous intéresse pour les inciter à investir sur la féminisation
des pratiques.
La gestion de ces contrats d’objectifs par un système informatique
doit nécessiter la mise en ouvre d’un projet sur deux ans avec un
budget spécifique, sous la responsabilité d’un chef de projet.
Il s’agirait d’un investissement à long terme qui permettrait de
pérenniser l’action du Ministère de la Jeunesse et des Sports,
au delà de la présence de Madame Marie-George BUFFET.
En effet les éventuels successeurs hésiteront à
rejeter ce système surtout si il a au moins fait ses preuves de
l’efficacité de la gestion des fonds du MJS dans ce contexte. Il
leur sera toutefois possible d’apporter des modification afin d’insuffler
leur propre orientation politique. L’informatisation des contrats d’objectifs
permettrait aussi une exploitation statistique à posteriori sur
des périodes plus ou moins longue et alimenterait de manière
objective les réunions de négociations suivantes.
Après ces deux journées de conférence, je veux
croire que les Fédérations nationales prendront le relais
des propositions de la FIFA. L’absence du Président de la Fédération
Française de Football à ce symposium, oblige sa représentante,
Marie-Lou DURINGER à une démultiplication du message qui
perdra peut être un peu de sa force. L’engagement du président
de la FIFA de relayer le contenu de la déclaration du symposium
lors du congrès international de la FIFA qui devait se tenir le
lendemain est un signe encourageant. L’évolution du football féminin
en France ne se fera pas sans une réelle volonté de notre
fédération. Ce n’est pas pour autant qu’il faut cesser de
se battre, de faire des propositions partout ou la seule compétence
de la fédération n’est pas indispensable.
Rendez-vous est pris avec la FIFA lors du prochain symposium qui se
tiendra pendant la phase finale de la prochaine coupe du monde féminine
(2003), pour évaluer les résultats de la mise en œuvre d’une
vraie politique en faveur du football féminin.
De nombreux intervenants à la tribune ont développé
l’argument d’un professionnalisation du football féminin, ce à
quoi je ne peux que souscrire. Les deux équipes finalistes, les
USA et la Chine, sont constituées de joueuses dont la pratique du
football est leur métier. Comment rivaliser au plus haut niveau,
lorsqu’en France, les joueuses travaillent et pratiquent le football sur
leur temps libre ? Comment espérer obtenir la victoire, quand sur
le terrain s’affrontent des joueuses qui d’un côté s’entraînent
tous les jours et de l’autre des joueuses qui ne bénéficient
que de deux séances par semaine, parfois trois, et que ces mêmes
séances sont elles aussi dispensées par des entraîneurs
non professionnels ?
J’espère de tout cœur que la France sera le leader Européen
de cette évolution. Notre équipe nationale est composée
de joueuses de talent, motivées, passionnées qui rêvent
elles aussi de participer aux grandes fêtes mondiales : coupe du
monde et Jeux Olympiques. Au delà des aléas de disponibilité
de l’effectif tant pour des raisons de blessures que de refus de mise à
disposition des joueuses par les employeurs, de gestion du groupe, de choix
tactiques qui peuvent expliquer l’absence de notre équipe nationale
aux USA, il est impératif de se donner les moyens d’un travail au
quotidien dans les clubs tant en quantité que en qualité.
Le sélectionneur aura alors à sa disposition des joueuses
qui seront au moins a égalité sur le plan physique, tactique
et mental avec les autres nations, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
La victoire ensuite est affaire de talent, d’inspiration, de volonté
et de bien d’autres choses encore, dont les françaises ne sont absolument
pas dépourvues. La France peut et doit vouloir conquérir
le titre de championne du monde de Football Féminin ! ! ! !
Les cadres techniques de la Fédération Française
de Football sont unanimement reconnus dans le monde entier. Il faudrait
parvenir à les motiver pour qu’ils s’investissent dans le football
féminin. Afin de permettre aux femmes d’atteindre un tel niveau,
je pense qu’il serait intéressant de créer des binômes
avec des entraîneurs masculins diplômés, qui accompagnerait
les femmes tout au long de leur formation, jusqu’au plus haut niveau. En
effet, au delà des diplômes, ce partenariat permettrait la
mise en oeuvre d’un partage d’expérience résultant de leur
vécu le plus souvent d’anciens joueurs professionnels et de leur
pratique d’entraîneur, CTD (Conseiller Technique Départementaux)
ou CTR (Conseiller Technique Régionaux). J’ai remarqué que
les deux entraîneurs des équipes finalistes de la Coupe du
Monde féminine étaient des hommes. Les femmes, avec un apprentissage
adapté et patient, doivent aussi prendre ces postes de manager.